4/2/19

L’excellence du secteur médical face à ses besoins

L’excellence du secteur médical face à ses besoins

L’excellence du secteur médical face à ses besoinsL’excellence du secteur médical face à ses besoins

C’est devenu une lapalissade de souligner que le Liban s’est forgé une place de choix dans la région dans le secteur médical, plus particulièrement pour ce qui a trait aux soins hospitaliers. Certaines failles persistent toutefois dans des domaines précis, périphériques (mais essentiels) au monde des médecins, ce qui ouvre des perspectives importantes sur le plan du marché de l’emploi.

Marlène AOUN FAKHOURI | OLJ 02/04/2019

Un des domaines du monde de la santé qui mériterait une attention particulière de la part des hauts responsables est sans conteste celui des soins infirmiers. Le PDG de l’Hôpital français universitaire du Levant, le Dr Antoine Maalouf, souligne à cet égard qu’en dépit de l’amélioration constante de la qualité des services médicaux au Liban, le marché de l’emploi dans le secteur infirmier connaît depuis quelque temps une crise en termes de ressources humaines : le nombre d’infirmiers et d’infirmières qualifiés ne suffit pas à combler les besoins des hôpitaux libanais.

« La crise dans ce domaine est due d’une part au fait que le métier est souvent mal payé, en plus du fait que la société ne répond pas toujours au besoin de reconnaissance que mérite l’infirmier, lequel se sent donc dévalorisé ; d’autre part, l’horaire de travail est souvent contraignant et irrégulier, l’infirmier étant appelé à travailler de jour comme de nuit, mais également durant les week-ends et les jours fériés, sans compter qu’il est exposé à la souffrance, voire à la mort, de ses patients », souligne le Dr Maalouf.

Il relève sur un autre plan des failles au niveau de la structure qui devrait entourer le malade, notamment en ce qui concerne les professionnels de la médecine palliative (psychologues, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, assistantes sociales, ergothérapeutes, orthophonistes…). Ces cadres professionnels prodiguent des soins qui ne visent que le soulagement face aux douleurs et le confort du malade, souvent en phase de fin de vie. Le cancer, pour ne citer que cet exemple, n’est pas simplement une tumeur que l’on opère. Il est synonyme d’abord d’un long chemin de souffrance… « D’où la nécessité d’une prise en charge totale qui débute par un abord médical et finit par un soutien psychologique, au-delà de l’entourage familial du patient », affirme le Dr Maalouf.

La santé publique

Et le responsable de poursuivre : « Force est de constater que le secteur médical libanais se trouve confronté à une crise de ressources humaines au niveau de la santé publique. Les professions en rapport avec ce secteur se situent sur le plan de la surveillance, de la prévention, de la détection, du contrôle des maladies et de leurs facteurs de risque au niveau collectif. Elles représentent donc un ensemble de disciplines qui visent à maintenir la bonne santé d’une population. »

« La santé publique, ajoute-t-il, se démarque de la médecine essentiellement par deux facteurs : elle met davantage l’accent sur la prévention plutôt que sur les traitements curatifs ; et elle développe une approche au niveau d’une population dans son ensemble plutôt que de s’intéresser aux problèmes de santé d’un individu. Cela se traduit notamment par l’association de compétences qui relèvent des sciences humaines et sociales, notamment de la sociologie, du droit et de l’économie. »

Et de conclure en soulignant que « l’objectif de la personne qui travaille dans ce domaine est d’étudier, prévoir et planifier les mesures médicales, administratives, économiques, légales… qui doivent être prises afin d’empêcher qu’une maladie se répande au sein de la population ». « Cela implique des connaissances en médecine, en sociologie, mais aussi en gestion des systèmes et en statistiques, pour effectuer des études épidémiologiques sur le degré d’extension de maladies au sein d’une population. Cela ouvre grand la porte au marché de l’emploi dans ce domaine », affirme en conclusion le Dr Antoine Maalouf.